Faire appel à un·e formateur·rice extérieur·e pour assurer une partie de vos formations est une pratique courante,
notamment quand l'expertise n'est pas disponible en interne. Mais la sous-traitance de formation est strictement
encadrée, à la fois par le Code du travail et par le référentiel QUALIOPI. Voici les règles à connaître
pour rester en conformité.
Qu'est-ce que la sous-traitance en formation professionnelle ?
La sous-traitance consiste à confier à un autre organisme ou à un·e formateur·rice indépendant·e
tout ou partie de la réalisation d'une action de formation. Le donneur d'ordre reste responsable
de la prestation vis-à-vis du client final, mais la mise en œuvre opérationnelle est partiellement
ou totalement déléguée.
Cette pratique permet aux organismes de formation de proposer une offre plus large que leurs seules
compétences internes, et aux formateurs et formatrices indépendant·e·s de compléter leur activité
en travaillant pour d'autres structures.
Différence avec la co-traitance
En sous-traitance, un seul organisme contractualise avec le client final
et facture l'intégralité de la prestation. En co-traitance, plusieurs organismes contractualisent
ensemble et facturent chacun leur part. Les obligations QUALIOPI ne sont pas les mêmes.
Les obligations légales du donneur d'ordre
Quand vous faites appel à un·e sous-traitant·e pour une action de formation, plusieurs obligations
s'imposent à vous en tant que donneur d'ordre :
1. Vérifier la déclaration d'activité du sous-traitant
Si la mission relève d'une action de formation au sens du Code du travail, votre sous-traitant·e doit
disposer d'un numéro de déclaration d'activité (NDA)
en cours de validité. Cette vérification est à conserver dans le dossier de la formation.
2. Établir une convention de sous-traitance
Un contrat ou une convention écrite doit lier le donneur d'ordre et le sous-traitant. Ce document
doit préciser, a minima :
- L'identité juridique des deux parties (raison sociale, NDA, SIRET)
- L'objet de la prestation (formation, modules, durée)
- La rémunération du sous-traitant et les conditions de paiement
- Les obligations de chaque partie (matériels, supports, présence...)
- Les modalités d'évaluation et de retour qualité
- Une clause de confidentialité (données stagiaires, supports propriétaires)
3. Vérifier l'obligation de vigilance URSSAF
Au-delà de 5 000 € HT par an et par sous-traitant, vous devez vérifier tous les 6 mois que votre
sous-traitant·e est à jour de ses obligations sociales et fiscales (attestation de vigilance URSSAF,
extrait Kbis, attestation fiscale).
Sanction en cas de défaut de vigilance
L'absence de vérification expose le donneur d'ordre à une solidarité financière
avec son sous-traitant en cas de travail dissimulé. Conservez systématiquement ces attestations dans
votre dossier sous-traitant·e.
Les exigences spécifiques du référentiel QUALIOPI
Plusieurs indicateurs du référentiel QUALIOPI s'appliquent à la sous-traitance. Le donneur d'ordre,
en tant qu'organisme adapté au référentiel, reste responsable de la qualité de la prestation,
même quand elle est sous-traitée.
Indicateur 27 — Mobilisation des compétences
L'organisme doit prouver qu'il vérifie les compétences des intervenants, y compris quand ils sont
sous-traitants. Concrètement, vous devez détenir :
- Le CV du ou de la sous-traitant·e
- Ses diplômes ou certifications pertinents pour la formation
- Une preuve d'expérience professionnelle dans le domaine (références, attestations)
- Sa formation de formateur·rice s'il/elle en a suivi une
Indicateur 28 — Veille pédagogique
Vous devez vous assurer que vos sous-traitant·e·s actualisent leurs connaissances. Demandez-leur
une trace de leur veille (formations suivies, lectures professionnelles, conférences...) au moins
une fois par an.
Indicateur 30 — Évaluation de la prestation
Les questionnaires de satisfaction et les évaluations des acquis collectés auprès des stagiaires
doivent être analysés et exploités. En cas de retour négatif sur un·e sous-traitant·e, vous devez
démontrer qu'une action corrective a été menée.
Indicateur 32 — Recueil et traitement des réclamations
Si une réclamation porte sur un·e sous-traitant·e, vous devez en être informé·e et en garder une trace.
Le traitement et la réponse au client final restent à votre charge.
Principe central
La sous-traitance ne dégage pas l'organisme donneur d'ordre de ses
responsabilités QUALIOPI. C'est vous qui restez l'interlocuteur·rice de l'auditeur ou de l'auditrice,
et c'est votre certification qui est en jeu, même pour des prestations sous-traitées.
La convention de sous-traitance : contenu détaillé
Voici une trame de convention de sous-traitance adaptée au contexte de la formation professionnelle :
| Article |
Contenu |
| Préambule |
Identification des parties, contexte, références aux NDA respectifs |
| Article 1 — Objet |
Description précise de la prestation confiée |
| Article 2 — Durée et dates |
Période de réalisation, planning détaillé |
| Article 3 — Obligations |
Ce que doit fournir le sous-traitant (supports, présence, suivi) |
| Article 4 — Rémunération |
Montant, modalités de facturation et de paiement |
| Article 5 — Qualité QUALIOPI |
Engagement de respect du référentiel, transmission des CV, veille |
| Article 6 — Confidentialité |
Protection des données stagiaires (RGPD) et des supports |
| Article 7 — Résiliation |
Conditions de fin anticipée, préavis, indemnités |
Sous-traitant·e vs salarié·e déguisé·e : attention au piège
Un risque juridique majeur consiste à requalifier la sous-traitance en contrat de travail.
Pour éviter cette requalification, le ou la sous-traitant·e doit conserver une autonomie réelle :
- Choix libre de ses méthodes pédagogiques et de ses supports
- Liberté d'organiser son temps (pas d'horaires fixes imposés)
- Possibilité de refuser des missions
- Travail pour plusieurs clients (pas de dépendance économique exclusive)
- Pas de subordination hiérarchique (pas d'ordres directs sur l'exécution)
Conséquences d'une requalification
Si un·e sous-traitant·e est requalifié·e en salarié·e par les Prud'hommes
ou l'URSSAF, vous devrez régulariser des cotisations sociales sur plusieurs années, payer des
indemnités de licenciement, et risquez une sanction pour travail dissimulé.
Cas particulier : le portage salarial
De plus en plus de formateurs et formatrices exercent en portage salarial. Dans ce cas, le contrat
de sous-traitance est signé avec la société de portage (pas avec la personne physique). La société
de portage doit elle aussi disposer d'un NDA si elle facture une prestation de formation. Les preuves
QUALIOPI (CV, expérience) concernent toujours la personne qui anime concrètement la formation.
Bonnes pratiques pour gérer efficacement vos sous-traitants
Avant la mission
- Constituer un dossier sous-traitant·e (CV, NDA, vigilance URSSAF)
- Signer la convention avant tout démarrage
- Transmettre vos procédures qualité et exigences QUALIOPI
- Préciser les documents à produire (émargements, évaluations)
Après la mission
- Récupérer émargements, évaluations et bilans
- Analyser les questionnaires de satisfaction
- Tracer les retours qualité (positifs et négatifs)
- Vérifier l'actualisation annuelle des documents
Comment CoForma simplifie la gestion de la sous-traitance
Pour les organismes qui travaillent régulièrement avec des sous-traitants, CoForma propose plusieurs
fonctionnalités utiles :
- Gestion des intervenants externes avec stockage des CV et justificatifs
- Génération automatique des conventions de formation et de sous-traitance
- Suivi de la veille pédagogique par intervenant
- Centralisation des évaluations stagiaires par sous-traitant
- Tableau de bord QUALIOPI incluant les preuves liées aux indicateurs 27, 28, 30 et 32
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